Le roi Charles III et la reine Camilla en route vers Buckingham palace après le traditionnel discours du trône au Parlement, à Londres le 13 mai 2026 ( AFP / Henry NICHOLLS )
Charles III a prononcé mercredi le traditionnel discours du trône à Westminster, énumérant les priorités législatives du gouvernement travailliste, dans un rituel immuable contrastant avec les turbulences autour de l'avenir du Premier ministre Keir Starmer.
Rendez-vous phare de la vie politique britannique, cette intervention du monarque marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire mais de sérieux doutes pèsent sur la capacité de Keir Starmer à se maintenir à Downing Street, y compris à court terme.
Quelques minutes avant le discours, le quotidien le Times a écrit que, selon des alliés du ministre de la Santé Wes Streeting, celui-ci comptait démissionner jeudi pour se lancer dans la course à la succession de M. Starmer.
Le chef du gouvernement avait reçu plus tôt mercredi matin le ministre, qui apparaît depuis des mois comme étant l'un de ses principaux rivaux. La rencontre a duré moins de 20 minutes et Wes Streeting est parti sans faire de commentaires.
Le discours du trône, une fastueuse cérémonie marquée par des rituels immuables, a eu lieu après plusieurs jours chaotiques pour Keir Starmer, appelé à la démission par 86 députés de son camp travailliste - sur un total de 403 -, à la suite d'élections locales aux résultats désastreux en Grande-Bretagne la semaine dernière et de nombreuses polémiques.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer au palais de Westminster à Londres le 13 mai 2026 ( POOL / Toby Melville )
Quatre secrétaires d'État ont quitté leurs fonctions mardi en signe de défiance.
Coup dur supplémentaire pour le Premier ministre : les syndicats affiliés au parti travailliste lui ont retiré leur soutien. "Le Labour ne peut pas continuer sur cette voie", ont-ils expliqué sur X. "Il va falloir mettre en place un plan pour l'élection d'un nouveau dirigeant".
- "Monde dangereux" -
Keir Starmer a quant à lui assuré mardi vouloir "continuer à gouverner". Et plus de 110 députés du Labour lui ont apporté leur soutien dans une lettre, estimant que "ce n'(était) pas le moment d'engager une procédure de contestation de la direction" du parti.
Le Royaume-Uni "se trouve à un moment charnière : aller de l'avant avec un plan pour bâtir un pays plus fort et plus juste ou revenir au chaos et à l'instabilité du passé", a déclaré Keir Starmer, cité dans un communiqué diffusé mardi soir par Downing Street.
"Un monde de plus en plus dangereux et instable menace le Royaume-Uni, le conflit au Moyen-Orient n'en étant que l'exemple le plus récent", a souligné Charles III dans le discours du trône, écrit par le gouvernement.
Ce discours permet à ce dernier de présenter les projets de loi qu'il souhaite introduire dans les 12 mois à venir.
Plus de 35 textes ont été présentés, sur des sujets aussi variés que la nationalisation du sidérurgiste British Steel, les énergies vertes ou un rapprochement avec l'Union européenne.
Le roi Charles III et la reine Camilla devant la Chambre des Lords à Londres le 13 mai 2026 ( POOL / Chris Jackson )
Parmi les autres mesures prévues figurent l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans et la réforme du système du droit d'asile à un moment où le nombre total des migrants ayant traversé la Manche sur des bateaux de fortune vient de dépasser 200.000 depuis le début des comptages en 2018.
Mais la quasi-totalité de ces mesures avaient déjà fait l'objet d'annonces du gouvernement. Aucune nouveauté n'est sortie du discours.
- Stricte neutralité -
Charles III s'est prêté à cet exercice aux multiples rituels - arrivée en carrosse, couronne et tenues d'apparat - pour la troisième fois depuis son accession au trône en septembre 2022. En tant que monarque, il est tenu à une stricte neutralité politique.
Il s'est exprimé assis sur un trône doré dans la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement, aux côtés de son épouse Camilla.
Cette intervention solennelle s'est déroulée dans le respect de traditions perpétuées depuis des siècles. Avant l'arrivée du roi au palais de Westminster, des gardes royaux ont ainsi fouillé les caves à la recherche d'explosifs, un héritage de la tentative ratée des catholiques de faire sauter le bâtiment en 1605. Conformément à l'usage, un député a symboliquement été retenu en otage au palais de Buckingham afin d'assurer le "retour sain et sauf du roi".

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